Sur ce sujet, une interview d’Alain Nicolas qui était Conservateur en chef des Musées Nationaux de France, créateur du Musée d’histoire de Marseille. Il est docteur en archéologie.
On ne fait pas plus clair :

La Corderie : interview d’Alain Nicolas

Et aussi le texte de la pétition mise à jour de Jean-Noël Beverini sur le sujet :

Mise à jour sur la pétition

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin » … et au bout du chemin, le sauvetage d’un site grec

Jean-Noël BEVERINI

France

5 août 2017 — Chères et chers amis,

Hier, vendredi 4 août, à 17 H 52, votre adhésion atteignait 9999 signatures. Elle embrasse aujourd’hui les 10300 soutiens. La Presse nationale porte désormais son regard et ses éditions sur le site et la carrière antiques de la Corderie. (L’Express et La Croix du 1° août, Marianne du 2 août, Le Monde et Libération du 3 août, Connaissance des Arts du 4 août, Aujourd’hui en France du 5 août …). Il n’est plus un jour aussi sans que les organes régionaux d’information ne rendent compte de l’actualité concernant le site. La prochaine étape sera celle de la Presse internationale.

Vous connaissez la raison pour laquelle je ne parle pas simplement de carrière mais de « site de vie et de carrière antiques » : nos anciens carriers vivaient là, prenaient leurs repas, partageaient là leur temps de travail et de repos ; c’est ainsi que des céramiques dites « à pâte claire massaliète » ont été découvertes : leurs ustensiles de vie et leur vaisselle. De même, des tessons d’amphores de table. Il me semble réducteur d’employer le terme seul de carrière en l’espèce.

Permettez-moi de vous inviter à maintenir votre soutien : il faut agir, continuer à agir, à soutenir, parce qu’il est vrai que toute action entraîne toujours un résultat et que toute action noble, comme la nôtre, donne des résultats nobles.
• 21 juillet : première décision ministérielle de classement de 650 m2 du site antique,
• 5 août : suspension de tous travaux sur le site antique jusqu’au 1° septembre et organisation d’une réunion préfectorale avant la fin du mois d’août.

Votre remarquable mobilisation est le socle sur lequel se fondent l’évolution du site et les futures décisions le concernant.

Nous allons démontrer, pour reprendre une expression de l’universitaire, madame Anne Godard, que « le passé a un avenir » et que « l’oubli est pire que l’ignorance ». Merci d’avoir fait sortir le site grec de l’oubli (Létheia, en grec). Quant à l’ignorance, nous sommes là pour la combattre face à ceux qui, dans la hiérarchie des Valeurs, placent l’Argent avant la Culture, la connaissance et la transmission du savoir « in situ » aux générations futures.

Notre conception est que le regard que nous portons sur la « terre », sur cet espace de la Corderie en l’occurrence, ne doit pas être, et ne saurait être uniquement celui d’une démarche économique et de rentabilité. Le sol quand il est enrichi de notre Histoire (et quel enrichissement pour celui-ci) mérite un regard bien plus élevé qu’une simple considération économique et financière. Le nier serait reconnaître l’effacement de la notion même de civilisation. Les décisions qui seront prises démontreront la qualité du rapport que l’homme et Marseille entretiennent au Temps, à la nature et à l’espace.

Une marge de manœuvre et de négociation existe ; à chacun de nous de la conforter par l’amplification de notre soutien. Nous connaissons la riche émission de France Culture intitulée : La fabrique de l’Histoire. Allons-nous assister à Marseille à la « défabrique de l’Histoire » ?

Dans ce nouveau chapitre qui s’ouvre, un élément est à sauver pour lequel je vous prie de manifester votre accord :

LES FAMEUSES COLONNES GRECQUES
Elles sont, à ce jour, hors du périmètre de classement. Elles ont été déclarées n’être même pas des « colonnes », mais des « pierres d’entablement ». Or, le directeur de l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) indique :

« Il y a trace d’extraction de blocs, de sarcophages, d’éléments de colonnes… »

Les colonnes sont bien là ; bien grecques, bien hellénistiques et bien à conserver précieusement. Elles constituent des blocs modulaires qui n’ont pas encore été débités mais destinés à devenir des bases ou des tambours de colonnes. Les carriers grecs antiques dégageaient des blocs, de plans allongés, qu’ils découpaient ensuite à la dimension souhaitée. C’est exactement le cas sur le site de la Corderie. Là encore ce site est riche d’enseignement. Le meilleur livre est dans la conservation in situ.

Je conteste donc l’affirmation selon laquelle il ne s’agit pas de colonnes. Ce sont les seules de Marseille à ce jour. Avec quelle destination ? Un temple cultuel ? Dédié à Athéna ? À Artémis ? Un temple funéraire pour une voie antique au sortir de Massalia ?

C’est la raison pour laquelle il convient impérativement d’étendre le périmètre des 650 m2 de classement MH pour inclure dans la zone « sanctuarisée » nos uniques colonnes grecques de Marseille.

Je vous remercie.

Jean Noël Beverini
Ancien administrateur de la Société Française d’Histoire Maritime
Membre de la Délégation Méditerranée

Pour la pétition, allez voir mon article précédent :

Marseille la plus vieille ville de France ?

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