Vous vous êtes déjà fait arnaquer avec un diffuseur de listes d’apparts à louer, et
« dans cette liste c’était tout soit déjà loué, soit c’était des T4, ce genre de choses »
il a pas voulu vous rembourser ?
Tu t’assieds et t’écoutes, les gars du bar de la Sidérurgie vont te montrer comment faire (Zoltan est slave mais il parle le marseillais, aussi faut pas que lire, faut écouter) :

  • Ben, il faudrait nous rembourser les 190 euros que ce jeune homme a payé pour une liste un peu, un peu bidon, quoi…

Zoltan est debout et… cordial, souriant, même.

  • Monsieur, les listes que nous fournissons correspondent à des critères objectifs et respectent à la lettre la législation. Nos clients prennent le risque en les achetant de ne pas faire affaire avec les propriétaires, cela fait partie du jeu. En aucun cas ces transactions ne peuvent faire l’objet d’un remboursement.

Zoltan écarte les bras, les paumes vers le haut avec un grand sourire :

  • Monsieur Bordillard, ne vous énervez pas, nous allons bien trouver moyen de nous entendre, non ?
  • Je ne vois vraiment pas comment. Cet entretien est terminé. Vous m’excuserez mais j’ai du travail.
  • Kévin, mon petit, va m’attendre dehors…

Kévin se lève et sort.

  • Monsieur Bordillard, maintenant que le petit est sorti, nous allons trouver un arrangement.
  • Vous n’avez pas compris. Cet entretien est terminé. Je vous prie de sortir.

Monsieur Bordillard se lève. Zoltan est toujours tout sourire. Il retire ses lunettes, sort un mouchoir et entreprend de nettoyer les premières avec le second.

  • Monsieur Bordillard, vous avez un nom… rigolo et vous m’êtes sympathique. Aussi je vais vous proposer de vous faire gagner de l’argent…

Monsieur Bordillard semble exaspéré.

  • Dites vite et laissez-moi travailler.
  • Je vous propose de parier deux cents euros que vous ne rembourserez pas les cent quatre-vingt-dix euros . C’est-à-dire que si vous ne remboursez pas je vous donne deux cents euros.
  • Ah, j’accepte volontiers. Vous pouvez me les donner tout de suite…
  • Laissez-moi cinq minutes.
  • Faites-vite.
  • Est-ce qu’il vous est déjà arrivé d’avoir le nez cassé, monsieur Bordillard ?
  • Pardon ?
  • Figurez-vous que ce n’est pas grand-chose, ça se répare mais c’est très douloureux.
  • Ne me dites pas que vous êtes en train de me menacer parce que, sans vouloir vous offenser, ce serait risible…
  • Vous menacer ? Jamais de la vie ! Je ne me permettrais pas une chose pareille, monsieur Bordillard. Moi, ce que je fais…

Et là Zoltan prend son mouchoir et ses lunettes de la main gauche, lève un peu sa main droite, paume ouverte…

  • Regardez !

Et sa main en un seul mouvement saisit la nuque de monsieur Bordillard et fracasse sa tête sur le bureau… Bordillard a si mal qu’il n’arrive même pas à crier. Il est en sang.

  • Vous voyez : je ne menace jamais personne. Mais quand je dis quelque chose je le fais.

Pour la suite, et ce qu’il y a avant aussi, lisez « Bar de la Sidérurgie » de Charles Gobi aux éditions Campanile. Ce bar est à Pont-de-Vivaux, près de l’Huveaume, dans Marseille, collègue !

Et vous y apprendrez ce que sont les PCPPP.

photo : L’Huveaume à St Marcel (vieux pont et pollution) Par Fr.Latreille — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6020744

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