Je prépare un article sur le destin comparé de cinq poilus de la guerre de 14-18 : mon grand-père maternel François Goudard, deux de ses beaux-frères Pierre Bénézech et Antoine Lingry, tous les trois pêcheurs de Bouzigues, mon grand-père paternel Louis Auguste Faliph, ouvrier de Montpellier, et le grand-père paternel de ma femme, Ernest Joseph Ballieu, ouvrier de Maubeuge.

En attendant d’avoir pu rassembler suffisamment de documents, et en particulier que l’inscription maritime de Toulon se réveille et me donne accès aux documents, voici ce qui concerne François Goudard :

François Goudard naît à Bouzigues le 11 octobre 1880. Il a son certificat d’études primaires en 1893. Il est de la classe 1900 avec le numéro matricule 955. Il est inscrit maritime à Cette n°216 et reçoit son brevet de fusilier le 1e décembre 1901.

Il épouse le 8 février 1906 à Bouzigues Marie-Louise Faucillon née à Bouzigues le 5 septembre 1886. C’est la Louise des cartes postales. Ils habitent rue du Bel Air à Bouzigues et François est recensé comme patron pêcheur (recensement de 1906).

Ils ont une fille en 1909 qui décède peu après sa naissance, puis Yvonne née le 17 juillet 1910. C’est l’Yvette des cartes postales et ma mère. Voici la seule photo que j’ai de Marie-Louise avec sa fille (ma mère) sans doute prise vers 1914. A ma mère le photographe avait dû lui dire « tu ouvres grand les yeux, le petit oiseau va sortir ».

Marie-Louise Faucillon et sa fille Yvonne Goudard vers 1914

Pour François, je n’ai aucune photo.

Mon grand-père est mobilisé en août 1914. Comme inscrit maritime il est envoyé au dépôt de Toulon, puis n’est pas embarqué mais affecté au 2e régiment de Fusiliers Marins de la brigade Ronarc’h. Il rejoindra le front entre le 28 octobre et le 1e novembre 1914.

Il va échanger pas mal de courrier avec la famille et les amis de son village depuis son départ de Bouzigues jusqu’à son décès le 7 février 1915 à Nieuport.

Ma mère en a conservé 37 cartes postales que j’ai scanné.

Cet ensemble a été transmis aux archives de l’Hérault et peut être consulté en allant sur leur site, sur Archives en ligne ==> Guerre 1914-1918 et en tapant « François Goudard ».

http://archives-pierresvives.herault.fr/archive/recherche/guerre14/n:36

Devant la reproduction de chaque carte, j’ai retranscrit son contenu, sans toucher (sauf erreur) à l’orthographe. Ne pas oublier que le français – très bien calligraphié – peut être influencé par des tournures patoisantes.

À la suite de la carte, j’ai ajouté des commentaires pour la replacer dans les évènements (commentaires à usage familial).

Pour les premiers épisodes de l’histoire des fusiliers marins auxquels mon grand père n’a pas participé, j’ai écrit un résumé à la fin de ce document.

Pour le déroulement des combats, je me suis appuyé sur les trois ouvrages de Charles Le Goffic :

Dixmude – un chapitre de l’histoire des fusiliers marins (17 octobre – 10 novembre 1914).

Steenstraete – un deuxième chapitre de l’histoire des fusiliers marins (10 novembre 1914 – 20 janvier 1915).

Saint-Georges et Nieuport – les derniers chapitres de l’histoire des fusiliers marins (25 novembre 1914 – 6 décembre 1915).

Mes commentaires sont personnels et n’engagent que moi.

Voici une des pages transmises aux archives, celle de la carte postale du 11 novembre 1914 :

Belgique 11 novembre 1914

Ma chère Louise

Je suis toujours en bonne santé. Ne t’effraie pas si tu recevais quelque chose sur moi. Pendant un combat hier 10 novembre moi et un de mes amis nous avons perdu notre compagnie. Cette nuit nous avons couché tous les deux avec les artilleurs. Par conséquent il n’y aurait rien d’étonnant que ce matin à l’appel je sois compté comme disparu. Nous allons nous mettre en marche à l’instant pour la rejoindre. Ils ne sont pas loin.

Ton mari qui t’embrasse ainsi que ma petite fille

Expéditeur : Goudard François fusilier breveté 2e régiment de marins 12e compagnie 3e bataillon 1e section

Destinataire : Madame François Goudard Grand Rue Bouzigues Hérault

11-11-1914-2   11-11-1914-1

Commentaire : Dixmude a été évacuée et les FM se sont repliés sur l’Yser après une nuit terrible le 10 novembre.

SGA - mémoire des hommes - Fiche Francois Goudard

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