Un livre fondamental et le plus objectif possible sur cinq années de violences extrêmes, dont nous ne connaissons souvent que des fragments et avec des éclairages partisans.

Troisième partie : le nettoyage ethnique

16 – Les choix du temps de guerre

L’obsession nazie de la race érigea la race en problème par excellence. Ainsi des gens, des communautés qui ne s’étaient jamais senti d’une race plutôt que d’une autre furent obligés de choisir.

17 – La fuite des juifs

A la fin de la guerre, les juifs choisirent dans un premier temps le retour dans leur pays d’origine. Leur retour difficile fut d’abord dû à ce que leurs histoires rappelaient aux gens toutes les lâchetés dont ils avaient fait preuve. Donc ils préféraient ignorer la spécificité du sort réservé par les nazis aux juifs. Et l’antisémitisme n’avait pas disparu, au contraire.

Ensuite, il fallait leur rendre les biens qu’on leur avait volés comme le rappelle ce trait d’humour : Un juif qui a survécu aux camps est de retour à Budapest, où il tombe sur un ami chrétien : « Comment vas-tu ? s’enquiert ce dernier. – Ne m’en parle pas. Je rentre d’un camp, et maintenant, à part les vêtements que tu as sur le dos, il ne me reste plus rien. »

En Pologne les pogroms recommencèrent et au final 200 000 juifs polonais partirent (sur les 300 000 qui avaient survécu aux camps). Au final la plupart des juifs d’Europe de l’est partirent vers Israël.

18 – Le nettoyage ethnique de l’Ukraine et de la Pologne

Dès 1942 les partisans ukrainiens ont voulu appliquer la solution finale aux Polonais d’Ukraine. À la fin de la guerre, les soviétiques décidèrent de régler le problème en séparant les différentes nationalités.

1,2 millions de Polonais ont été déplacés d’Ukraine vers la Pologne et 480 000 Ukrainiens de Pologne vers l’Ukraine, suite au déplacement des frontière de l’Ukraine vers l’Ouest. 200 000 Ukrainophones (dont les Lemkos des Carpates) qui n’avaient pu être déplacées ont été envoyés/déportés à l’Ouest sur les terres prise à l’Allemagne pour compenser pour la Pologne la perte subie à l’Est.

19 – L’expulsion des Allemands

11 millions d’Allemands furent expulsés de Pologne. Toutes les minorités germanophones des pays de l’Est ont été expulsées dans des conditions effroyables, mais en plus dans la zone soviétique de l’Allemagne où beaucoup échouèrent, la famine régnait. D’autres expulsions eurent lieu : Hongrois de Slovaquie, Hongrois de Roumanie et inversement, Chams albanais de Grèce, Roumains d’Ukraine, Italiens de Yougoslavie, Finlandais de Carélie et les Turcs et Tziganes de Bulgarie. En 1950 les anciens creusets ethniques impériaux avaient disparu, l’Europe orientale s’était nettoyée.

20 – l’Europe en microcosme : la Yougoslavie

Un demi-siècle avant le nettoyage ethnique, le pays était déjà empêtré dans l’un des conflits ethniques les plus virulents du XXe siècle, détaillé dans ce chapitre.

21 – Tolérance à l’Ouest, intolérance à l’Est

À l’Ouest la société était beaucoup plus cosmopolite qu’avant la guerre.

À l’Est, le cosmopolitisme qui datait de plusieurs siècles avait été détruit partiellement, si ce n’est totalement dans certaines régions.

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